

Sous le thème Une nouvelle politique musicale pour la création ?, plusieurs réseaux ont organisé une table ronde en Avignon sur le sujet et plus particulièrement sur le brûlant problème légué par la gouvernance Sarkozy d’un hypothétique Centre National de la Musique (CNM).
Ces réseaux étaient Zone Franche (Réseau des musiques du monde), l’Afijma (Association des festivals innovants en jazz et musiques actuelles), la Famdt (Fédération des associations en musiques et danses traditionnelles), France Festivals (Fédération française des festivals de musique et du spectacle vivant), Futurs Composés (Réseau national de la création musicale), Grands Formats (Fédération des grands ensembles de jazz et musiques à improviser).
Représentant plus de 400 structures françaises et européennes, ils avaient refusé de signer en janvier dernier la charte à propos du CNM qui leur était proposée et dénoncé une consultation en trompe l’oeil pour un texte d’essence néo-libérale. De fait, ils ont chacun dit pourquoi ils remettaient en cause ce qu’un participant a qualifié « d’usine à gaz », ce CNM ayant été instrumentalisé de façon flagrante par l’industrie discographique et la macro-industrie du divertissement.
Cela au détriment du spectacle vivant, de la création, de l’éducation populaire et des pratiques amateurs, des collectivités terriroriales et partant de la diversité. De fait, lors de cette table ronde, Catherine Ruggieri, vice-présidente de l’association de préfiguration du CNM, fut largement chahutée dans ses arguments par ceux des présidents de ces réseaux, mais également, c’était plus inattendu, par Laurent Petitgirard, président de la Sacem (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique), Jean-Paul Bazin, président de la Spedidam (Société de perception et de distribution des droits des artistes-interprètes), outre la critique acerbe d’une Marie-Christine Blandin, Présidente de la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication du Sénat.
Suite aux récentes déclarations de la Ministre de la culture et de la communication, Aurélie Filipetti, remettant en question le projet actuel de CNM, au motif que son financement, « n’est absolument pas budgété à l'heure actuelle », que « son périmètre doit être défini collectivement », et que « des gens qui avaient été laissés au bord du chemin lors de la concertation », cette rencontre avignonaise a donc montré qu’il était urgent de remettre les choses à l’endroit. Et en particulier de dire qu’elle allait être, par le menu, la politique du Ministère de la Culture, son articulation avec les collectivités térritoriale dans le cadre d’une décentralisation renouvellée, etc.
Un préalable à l’existence ou non d’un CNM qui, en l’état signe l’abdication de l’Etat face aux intérêts de l’industrie musicale. Ce CNM qu’on voudrait nous vendre comme un nouveau CNC n’étant pas un outil susceptible d’assumer une représentation pluraliste de la diversité culturelle et artistique des champs musicaux.
Milan Savane
César, qui a l’occasion du Festival d’Avignon ou des Suds en Arles a été invité à faire part de ses points de vue de terrain auprès d’élus, publiera prochainement une réflexion sur l’état du débat concernant l’avenir de ce qui est appellée « la filière musicale ».
2011 - Site CESAR par Cyber Nostra