

C’était il y a cinquante ans, le 17 octobre 1961 à Paris. Le Front de libération nationale (FNL) organisait une marche pour l’indépendance de l’Algérie. Maurice Papon, préfet de Paris, donne l’ordre de réprimer les manifestants. Des milliers d’entre eux sont internés dans des centres de rétention et y subissent des violences. Des dizaines de cadavres seront retrouvés dans la Seine.
Une réalité longtemps occultée qui s’est révélée au grand public grâce notamment aux photographies d’Elie Kagan, aux recherches de Jean-Luc Einaudi et au procès de Maurice Papon. Pour commémorer cette date longtemps restée taboue, deux films sortent cette semaine. Celui de Yasmina Adi, Ici, on noie les Algériens, titre en référence à l’inscription écrite sur le pont Saint-Michel.
Un film qui mêle témoignages et archives inédites, histoires et souvenirs passés et présents et révèle les méthodes mises en place au plus haut niveau de l’Etat : manipulation de l’opinion publique, récusation systématique de toutes les accusations, verrouillage de l’information afin d’empêcher les enquêtes...
Sort aussi Octobre 61, un film réalisé à par Jacques Panigel, qui a l’époque enquêtera dans le fameux bidonville de Nanterre auprès de témoins victimes des exactions policières. A découvrir aussi le web documentaire, 17.10.61, du Collectif Raspouteam. A lire : Marcel et Paulette Péju, Le 17 octobre des Algériens, suivi de La triple occultation d’un massacre, par Gilles Manceron, Ed La Découverte, 2011.
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